Titre du livre : L'inconscient et le délire.

 

Sous-titre : Développement d'une dynamique psychique basée sur les désirs du moi.

 

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L’inconscient et le délire psychotique sont deux grands mystères de l’activité psychique.

 

Face à la psychanalyse classique et aux nouvelles approches que défrichent les thérapies brèves, l’auteur expose une dynamique qu’il construit à partir du comportement de l’individu face aux désirs de son moi.

 

Ce livre est accessible à tous ceux qui connaissent les simples notions de base de la psychanalyse. Bien que d’un langage serré, il ne se cantonne pas dans un professionnalisme inabordable et invite à l’explorer toute personne curieuse de découvrir la structure psychique sous un angle différent. La logique d’investigation de l’interdépendance des forces psychiques entrant en action offre une explication captivante et non-conformiste de la formation de l’inconscient et du délire psychotique.

 

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             “L’inconscient et le délire” est une étude théorique de la dynamique responsable de la formation de l’inconscient et du délire psychotique. L’ouvrage dissèque les désirs du moi et étudie la manière selon laquelle ces désirs sont gérés.

 

              A la différence de la conception freudienne qui traite avec le psychisme en termes d'appareil selon un langage chosiste, l'auteur donne une place importante à la volonté sans pourtant nier les rôles décisifs du surmoi et du ça. Si l’homme est un loup envers son prochain comme le dit Freud, la volonté doit jouer un rôle dans la dynamique psychique et la gestion des intérêts personnels doit être étudiée de plus près. Dans la première partie du livre, l'auteur survole la vision freudienne et introduit le lecteur à l’importance de l’entourage qui forme finalement une unité cohérente avec laquelle l’homme doit traiter, entourage auquel sont toujours confrontés les intérêts personnels. Le moi de l’homme avance à la fois dans la voie égoïste et dans celle du respect du droit d'autrui dans le but d’en être accepté et d’assurer sa survie parmi les autres. Existant au milieu d’un ordre général, ordre qui transparaît dans la faune, la flore et les droits d'autrui, l’homme est ainsi déchiré entre ce qui le favorise au détriment des autres et le respect de cet ordre que l'auteur désigne par le mot "cohérence". Si l’homme recherche le plaisir et fuit le déplaisir, les intérêts sont toujours présents et sollicitent sa gestion ; ce qui le mène quelquefois à retarder le plaisir ou à le refuser. Ainsi, il y a dans le moi deux tendances qui, de par leur antagonisme, assurent son développement. C’est la tendance de respecter les autres en refusant d'empiéter sur leurs droits et celle de consolider le moi avec ce qu’il peut posséder ; cette tendance-ci se permet, pour aboutir à un développement rapide du moi, de ne pas respecter le droit d'autrui. La tendance qui respecte l’entourage et refuse de traiter avec l’égoïsme, c’est le moi-cohérent ; celle qui est tournée vers l’ego pour le consolider même au détriment du droit d’autrui, c’est le moi-ego. L’homme choisit la proposition parrainée par l’une de ces deux tendances du moi et ainsi il la privilégie et défavorise l’autre ; cela fait qu’en agissant ainsi, il favorise l’éveil à soi de sa conscience au détriment de l’éveil à la cohérence ou bien il favorise l’éveil à la cohérence et restructure l’éveil à soi de manière à prendre plus en compte la présence d’autrui. La dynamique de ces deux éveils est celle de la conscience ; leur modification entraîne donc une modification de la conscience et de la réalité psychique qui est la somme des réalités subjectives.

 

               Le moi dépasse les besoins temporels de l’homme ; il ne s’intéresse qu’à grandir, à réagir à la cohérence dont dépend sa croissance. En favorisant une tendance du moi par rapport à l’autre,  l’homme agit en tant qu’instance à part entière puisqu’il est capable de modifier le développement de son psychisme ; il agit en tant qu’instance individu.

 

               Ce tableau psychique surplombe la dynamique freudienne : l’instance individu agit en utilisant sa volonté. Pour choisir le camp du moi-ego ou celui du moi-cohérent, cette instance doit d’abord décoder l’intemporalité des tendances du moi. Puis elle doit choisir et passer à l’action pour faire à son choix une place dans sa réalité psychique. Ces étapes de l’intervention de l’instance individu constituent la gestion dont le résultat modifiera la conscience et canalisera l’activité du moi.

 

                Mais choisir n’est pas, pour l’individu, chose simple. Il doit vivre le conflit et assumer les conséquences de son choix, ce qui peut quelquefois le pousser à se réfugier dans la démission. Pour échapper au conflit entre le moi-ego et le moi-cohérent, il doit neutraliser le conflit des intérêts. Pour le faire tout en tenant à ses désirs égoïstes, il doit annihiler toute preuve de manque de respect à autrui. Il va donc développer des dynamiques entre l’éveil à soi et l’éveil à la cohérence qui ne permettent pas aux désirs égoïstes, les désirs œdipiens surtout, d’émerger. Il va aimer le parent haï et respecter le parent convoité. Et pour maintenir cet état des choses, il va développer en continu une force de censure qui est le surmoi et dont le rôle est de maintenir cet amour et ce respect obligés pour ne pas laisser les désirs œdipiens émerger. Ainsi le surmoi n’est pas une instance, malgré sa présence aux premiers rangs de la dynamique psychique ; son rôle est de servir le moi-ego et l’instance individu démissionnaire en maintenant entre les deux éveils de la conscience une activité capable d’exclure toute possibilité d’expression des désirs égoïstes.

 

                Mais si le surmoi sert à maintenir la perturbation dans la gestion des intérêts, il a pourtant un aspect positif, celui de garder les désirs œdipiens en veilleuse et donc de sauvegarder la place d’autrui dans la réalité psychique de l’individu. L’activité du surmoi est la conséquence d’une démission superficielle de l’individu. Mais une démission plus profonde ira, de la part de l’individu, jusqu’à se passer du rôle du surmoi et désinvestir la conscience. Si ce désinvestissement s’étend dans une grande proportion, il paralyse la majorité de la conscience et l’homme tombe dans la psychose.

 

                 Cet éloignement de la logique freudienne devient plus acceptable si l’on étudie les thérapies brèves et si l’on analyse les travaux d'un pionnier en la matière :  Milton H. Erickson .

 

L'inconscient et le délire